Quelques bémols et le spectre de l’effet rebond
Tout n’est cependant pas parfait. L’étude relève que, dans de rares cas, les travaux n’ont pas permis de réduire la consommation d’énergie. Pire, dans l’une des copropriétés rénovées, celle-ci a même augmenté de 11 %. Un phénomène connu sous le nom d’effet rebond : une fois les logements mieux isolés et chauffés, certains occupants tendent à consommer davantage, pensant que la facture restera maîtrisée.
Un retard dans le parc privé par rapport au social
Ces résultats s’inscrivent dans la continuité d’une précédente étude dévoilée en mars sur le parc social parisien, où les rénovations ont permis une baisse moyenne de 28 % des consommations. Une différence logique, comme le rappelle Jacques Baudrier, adjoint à la mairie de Paris en charge du logement : « Le parc social bénéficie de financements plus importants et d’une gestion collective plus favorable aux grands chantiers ».
Pour autant, l’élu se veut optimiste et mise sur une nette accélération du rythme des rénovations privées : de 2 000 logements rénovés en 2023 à 5 000 en 2024, avec un objectif ambitieux de 15 000 rénovations annuelles d’ici 2027.
Les meublés touristiques, frein persistant à la transition énergétique
Un obstacle majeur subsiste : la forte présence de logements vacants et de meublés touristiques, estimés à 300 000 unités. Ces logements, souvent situés dans les immeubles anciens des arrondissements centraux, sont rarement rénovés, leurs propriétaires refusant fréquemment de participer aux travaux collectifs. « Un vrai blocage pour améliorer la performance énergétique du centre de Paris », déplore Jacques Baudrier.
Malgré ces freins, la Ville de Paris maintient son objectif : rénover 40 000 logements privés d’ici 2030, dans le cadre de son ambitieux Plan Climat.