Réduction de l’aide publique : le gouvernement ajuste son soutien au secteur

Réduction de l'aide publique le gouvernement ajuste son soutien au secteur

Une évolution attendue du secteur photovoltaïque

Si cette annonce ne surprend guère, elle s'inscrit dans la volonté exprimée fin janvier par Marc Ferracci, ministre chargé de l'Industrie et de l'Énergie. Ce dernier a confirmé son intention de « rationaliser le soutien aux énergies renouvelables », soulignant que l'objectif était de concentrer les efforts sur les installations photovoltaïques les plus performantes. « Nous cherchons à réajuster le soutien pour réduire les dépenses publiques, ce qui permettra une économie de 214 millions d’euros en 2025 », avait-il précisé devant le Sénat.

Les installations solaires concernées par ce recentrage sont principalement celles d’une puissance inférieure à 500 kWc. En particulier, les petites installations, qui peinent à participer activement à l’équilibre du réseau, seront désormais priorisées pour l’autoconsommation. Celles-ci avaient déjà été désignées comme ayant une « contribution assez modeste » au système électrique, comme l’a souligné le ministre.

Les projets sur toitures et ombrières sous pression

Le secteur des panneaux solaires sur bâtiments risque d’être particulièrement impacté par cette réforme. Le gouvernement entend ajuster les tarifs de soutien pour maintenir l’équilibre économique des projets, tout en maîtrisant les coûts publics. Les projets de 100 à 500 kWc, qui avaient montré un fort dynamisme ces dernières années, devront désormais répondre à de nouveaux critères. À partir de juin 2026, seuls les projets utilisant des équipements « résilients » et d’origine européenne bénéficieront d’un soutien tarifaire, avec des ajustements sur la durée.

Cette révision n’a pas tardé à provoquer l’indignation des acteurs du secteur. Le Syndicat des Énergies Renouvelables (SER) et ENERPLAN, représentant les professionnels du solaire, ont dénoncé une « mise en péril » des projets photovoltaïques, mettant en danger des centaines d’entreprises et des milliers d’emplois. Selon eux, le gouvernement doit maintenir le cadre tarifaire actuel pour le segment S21, au moins jusqu’à la mise en place d’un nouveau mécanisme, dont le calendrier de mise en œuvre reste flou.

Des perspectives de croissance malgré les ajustements

Néanmoins, le secteur solaire continue de montrer des signes positifs. En 2024, la production solaire a même dépassé pour la première fois celle de l’éolien au second trimestre, une performance liée à l’explosion du photovoltaïque en France. Selon les projections d’Enedis, 300 000 nouvelles installations devraient être raccordées en 2025, contre 250 000 en 2024, confirmant l’essor des installations solaires, notamment chez les particuliers.

Dans le même temps, le ministère de l’Industrie prépare un nouvel arrêté tarifaire visant à soutenir les projets photovoltaïques au sol. Ce dispositif vise à équilibrer la répartition entre les projets solaires sur bâtiments et au sol, et inclura une prime pour les panneaux bas carbone, afin de favoriser les installations à faible émission de CO2.

Une refonte du soutien qui pourrait freiner les ambitions du secteur

Malgré l’optimisme affiché par certains acteurs, la révision du cadre de soutien pourrait refroidir l’élan du secteur solaire. Les ajustements du gouvernement risquent de ralentir l’implantation de nouveaux projets, en particulier dans les segments les plus touchés, à savoir les installations sur toitures et ombrières. À moins que le gouvernement ne fasse marche arrière face aux récriminations des acteurs du secteur, les prochains mois pourraient s’avérer décisifs pour l’avenir de l’énergie solaire en France.

Dans un contexte où l'efficacité énergétique et la transition verte sont plus que jamais au cœur des enjeux, ce réajustement de l’aide publique soulève une question fondamentale : comment concilier les impératifs financiers avec les objectifs de développement durable ? Les mois à venir nous le diront.

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