Biogaz : du local dans nos tuyaux
Sébastien Pommier, ingénieur à l’INSA Toulouse, viendra ensuite défendre la cause d’un gaz bien de chez nous : le biométhane. Dans un contexte où le gaz naturel pèse encore lourd dans le mix énergétique français, son alternative renouvelable gagne du terrain. Pommier pilote le site Solidia Biogaz, un laboratoire grandeur nature où sont testées des techniques d’enrichissement du biogaz, issues notamment de déchets organiques. Objectif : injecter toujours plus de biométhane dans les réseaux, tout en renforçant les passerelles avec la filière hydrogène. L’enjeu est clair : sortir de la dépendance aux énergies fossiles, sans sacrifier le confort des usages actuels.
Énergie : quand la sociologie tire la sonnette d’alarme
Mais changer de technologie ne suffit pas. Pour clore cette trilogie, la socio-anthropologue Marie-Christine Zélem pointera du doigt un autre défi, souvent ignoré : l’appropriation sociale de la transition. Sous le titre provocateur « Bienvenue au pays des crétins énergétiques », elle décrypte le paradoxe des comportements : des citoyens suréquipés en objets connectés, mais souvent incapables de comprendre leur consommation réelle. Cette « illettrisme énergétique », selon ses termes, freinerait l’adoption des solutions durables pourtant disponibles.
Une transition à multiples visages
Avec cette soirée, le CNRS démontre que la transition énergétique ne se fera ni sans innovations technologiques, ni sans un changement profond de nos habitudes et de notre regard sur l’énergie. Photons, molécules, comportements : trois angles pour mieux comprendre les leviers d’un futur plus vert.