Une cellule photo-électrochimique de nouvelle génération
L’équipe du CNRS a relevé ce défi avec brio, en collaborant avec les chercheurs de l’Université de Nantes. Leur innovation porte sur une photo-électrode utilisant un matériau de chalcopyrite Cu(In,Ga)S₂, un composant connu pour son efficacité dans la conversion photovoltaïque. Là où la majorité des photoélectrodes actuelles utilisent une face avant pour capter la lumière, les chercheurs ont développé une approche inédite en exploitant la face arrière de la photo-électrode.
Sous forme ultra-fine et associée à un oxyde conducteur transparent en guise de couche de contact, cette configuration permet à la lumière d’être absorbée par la face arrière de l’électrode, générant ainsi des quantités de courant plus importantes que les dispositifs traditionnels. L’astuce majeure ici est de ne plus imposer de transparence à la surface avant de l’électrode, un véritable casse-tête technique pour l’intégration des matériaux de protection, des couches tampons et des catalyseurs.
Un catalyseur moléculaire de pointe pour une efficacité maximale
Un autre point clé de cette avancée est l’utilisation d’un catalyseur moléculaire, la quaterpyridine de cobalt. Ce catalyseur fait partie des électrocatalyseurs non nobles, efficaces et sélectifs, spécialement adaptés à la réduction du CO2. Sa capacité à fonctionner dans un environnement aqueux, tout en étant opaque à la lumière, le rend idéal pour cette application. Grâce à cette combinaison de matériaux et de technologies, les chercheurs parviennent à surmonter plusieurs obstacles majeurs, ouvrant la voie à des dispositifs plus modulables et performants.
Vers des dispositifs flexibles et modulables pour l’avenir
Ce développement pourrait transformer l’industrie des carburants solaires. L’innovation du CNRS présente l’avantage de minimiser les contraintes liées à l’absorption de la lumière et à l’immobilisation des catalyseurs, tout en ouvrant la voie à la création de dispositifs photo-électrochimiques (PEC) flexibles, sur-mesure et plus accessibles. Ces dispositifs pourraient être adaptés à des applications variées, des panneaux solaires sur des surfaces courbes aux technologies de conversion de CO2 à grande échelle.
Une avancée technologique prometteuse qui pourrait faire naître un futur plus vert, où la production de carburant à partir du CO2 devient une réalité durable, grâce à l’ingéniosité des chercheurs et à l’énergie du soleil.